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Municipal Times Journal

S’ENGANGER À INVERSER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE : LE PACTE D’AVENIR

Prendre soin de la planète n’est possible qu’en transformant la façon dont nous envisageons nos modes de consommation et de production, et en tenant des engagements ambitieux en matière de durabilité, de résilience et d’émission.

La deuxième séance du Pacte d’Avenir pour l’Humanité s’est consacrée à la planète et à notre relation avec les écosystèmes. Sa tenue coïncidait avec la célébration de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes. Le Pacte d’Avenir pour l’Humanité souligne l’urgence de transformer notre rapport mutuel à la nature. Pour cela, les gouvernements locaux et régionaux doivent se montrer moteurs dans le renouvellement de notre vision vers un avenir commun. Le changement climatique doit s’aborder tant du point de vue de l’atténuation que de l’adaptation, et doit nous amener à réexaminer les valeurs qui façonnent notre compréhension et à coconstruire des systèmes résilients.

Donner aux populations locales les moyens de jouer un rôle central dans la protection de la biodiversité, de l’environnement et de la planète doit aussi être l’occasion de générer localement des emplois qui optimisent l’usage des ressources. Une telle approche permettrait d’améliorer la qualité de vie, de protéger l’environnement, d’encourager la transition vers les énergies renouvelables, et ainsi assurer un avenir plus durable et plus juste.

La Présidente de la région de Nouakchott en Mauritanie, Fatimetou Mint Abdel Malick a rappelé que des milliards de citadins n’ont toujours pas accès aux services les plus élémentaires, et qu’il s’agit d’un choix politique conscient et non le résultat d’un manque de ressources. Elle a ajouté : “Nous devons prendre soin de notre planète et développer une relation harmonieuse entre l’humain et la nature respectant l’écologie et le vivant”.

Hisham Amna, Ministre du développement local de l’Égypte, pays hôte de la COP27, a souligné que la lutte contre le changement climatique devait passer par un avenir équitable. Il a ajouté “Pour résoudre la crise climatique, il va falloir commencer à traduire cette vision en projets concrets”. Le ministre a conclu en rappelant aux dirigeants qu’il était urgent de collaborer sur tous les sujets, de la migration à la sécurité alimentaire.

Mami Mizutori, la Représentante Spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe, a pris la parole pour dire qu’il existe des preuves solides que les gouvernements locaux et régionaux qui investissent dans la réduction des risques de catastrophe protègent à la fois leurs citoyens et leur écosystème.

Représentant les acteurs de la société civile, Pefi Kingi, Médaille de service de la Reine (QSM) – Représentante régionale du Pacifique pour la Migration, s’est adressée à la salle : “D’ici 2050, 258 millions de migrants auront fui les conséquences du dérèglement climatique. La plupart des grandes villes sont côtières, et nous voulons tous que ces villes soient résilientes”. Elle a donc appelé les dirigeants de CGLU à mettre l’accent sur l’importance des océans et à inclure les communautés autochtones dans les discussions autour de l’avenir des villes. Andrew Potts, du Réseau Patrimoine Climatique (RPC), a interpellé les dirigeants présents : “Comment allez-vous, et comment allons-nous ensemble régler la question du climat ?”.

Gabriel Ferrero de Loma-Osorio, du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, a pour sa part appuyé l’importance de la sécurité alimentaire, en faisant remarquer qu’elle ne peut être garantie que si les maires et les présidents des associations locales travaillent main dans la main. Il a félicité CGLU pour son travail qui permet de dépasser la dichotomie urbainrural en proposant aux territoires un cadre politique plus holistique et intégré. Daniel Akinjise, du Caucus des jeunes de CGLU, a alerté sur la pénurie de nourriture et d’eau ainsi que les enjeux climatiques auxquels sont confrontés les jeunes, et qui exigent des gouvernements locaux et régionaux des mesures concrètes.

Irací Hassler, Maire de Santiago du Chili, a déclaré : “Pour leur assurer un avenir, nous devons écouter les jeunes et agir dès maintenant”. Elle a ajouté que la sensibilisation à l’environnement est aussi essentielle que les leçons tirées des initiatives multilatérales. Elle a conclu en affirmant : “Aucun projet politique ne saurait être mis en œuvre sans la participation des générations futures”. Noraini Roslan, maire de Klang, a indiqué que plusieurs gouvernements locaux et régionaux en Malaisie avaient déjà déclaré l’urgence climatique et s’étaient engagés à atteindre la neutralité carbone.

Fozia Khalid Warraich, présidente du district de Toba Tek Singh et Présidente de l’Association des conseils locaux du Pendjab, a déclaré que le Pakistan était le premier pays à avoir inscrit les ODD dans son programme national de développement. Fernando Gray, Maire d’Esteban Echevarria, a revendiqué que les collectivités locales soient au centre de toutes les discussions mondiales relatives au développement durable et terminé par cette formule : “le multilatéralisme est la clé de la soutenabilité”.

Andreas Wolter, maire de Cologne, et Jorge Pérez Jaramillo, du Comité consultatif de CGLU-Ubuntu, ont enfin invité les dirigeants locaux et régionaux à se donner la main pour contribuer aux initiatives durables. Ils ont appelé les gouvernements locaux et régionaux à passer de toute urgence d’un modèle de surconsommation des ressources naturelles à la protection de la biodiversité, des océans, de la terre, du sous-sol et de l’atmosphère, car les modes actuels de production et de consommation sont à la fois destructeurs et totalement intenables.

Tous les partenaires animés par ces aspirations communes sont invités, en ce moment fondateur, à échanger et à engager des compromis et des mesures concrètes pour l’avenir de la planète. L’avenir doit renverser tous les statu quo dans la transition vers la neutralité carbone et la résilience, pour nous mener à un changement radical dans la planification des villes et des territoires durables, équitables et résilients.